Cappuccino de homard et phantastischer Realismus
août 17, 2008
Les écoles de spécialistes bifurquent. Il se peut que, lorsqu’on le tranche en deux, le homard sente non seulement la douleur, mais aussi qu’on le tranche en deux. Il se peut aussi qu’il se batte pratiquement trois minutes contre l’eau bouillante, ou qu’il meure sur le coup à cause du choc, et qu’il ne sente pas du tout qu’on le tranche en deux, parce que c’est un long nerf et du corail. Toute préparation à base de homard est une grande souffrance potentielle, un acte de persuasion ou de foi.
Ne jetons pas les carapaces. Mettons-les dans une casserole de crème et de lait, coupés d’une ligne de Falanghina et d’un trait de cognac. Une feuille de laurier, du thym, assaisonnement suivant les saisons, une tomate en dès, mijotons. La bonne demi-heure. Moussons façon latte machiatto, posons la mousse dans une tasse et délayons avec le lait le corail réduit et réservé, épaissi dans un roux blanc avec un peu du même vin.
Poivre du sichuan soupoudré pour tout chocolat. Plier la tasse, se poser sacrificiellement l’objet réalisé sur la tête, methode Rudolf Hausner.