La gastrique perpetuelle.

janvier 23, 2008

Depuis un mois et demi, chaque semaine, je fais une sauce à la framboise pour dissimuler deux ou trois magrets de canards, dégraissés à la manière de la Tour d’Argent. Je prépare une gastrique que coupe un trait de vinaigre balsamique, où s’allonge le mauvais jaja qui porte le nom de ma famille, et que je refuse de servir cru. La sauce cuit longtemps, et les framboisent fondent.

Chaque fois, après le repas, il reste une bonne cuiller à soupe de sauce. Je la mets au frigo. Je la réutilise pour la sauce suivante, dont je garde le surplus, qui va au frigo, puis dans la sauce suivante.

Dans un an, dans ma sauce à la framboise, il y aura encore, divisée à l’infini, la mémoire de celle que j’ai faite il y a un mois et demi.

2 Responses to “La gastrique perpetuelle.”

  1. Krapulator Says:

    N’est-pas là encore la trace du paradoxal Zénon, qui voit dans cette sauce un principe de postérité et de longévité éternelle d’une sauce pourtant périssable et éphémère? Je revois là un geste de grand-mère, qui, préparant des yaourts maison, utilisait toujours un peu du yaourt précédent pour garantir la réussite du suivant, et que les sociologues, dans d’autres cuisines, appellent hypothèse d’inertie de l’imagianire.

  2. Gabrielle Says:

    Moi je ne viens pas manger chez toi alors, si la sauce date d’il y a un an !


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