La gastrique perpetuelle.
janvier 23, 2008
Depuis un mois et demi, chaque semaine, je fais une sauce à la framboise pour dissimuler deux ou trois magrets de canards, dégraissés à la manière de la Tour d’Argent. Je prépare une gastrique que coupe un trait de vinaigre balsamique, où s’allonge le mauvais jaja qui porte le nom de ma famille, et que je refuse de servir cru. La sauce cuit longtemps, et les framboisent fondent.
Chaque fois, après le repas, il reste une bonne cuiller à soupe de sauce. Je la mets au frigo. Je la réutilise pour la sauce suivante, dont je garde le surplus, qui va au frigo, puis dans la sauce suivante.
Dans un an, dans ma sauce à la framboise, il y aura encore, divisée à l’infini, la mémoire de celle que j’ai faite il y a un mois et demi.
janvier 25, 2008 at 8:49
N’est-pas là encore la trace du paradoxal Zénon, qui voit dans cette sauce un principe de postérité et de longévité éternelle d’une sauce pourtant périssable et éphémère? Je revois là un geste de grand-mère, qui, préparant des yaourts maison, utilisait toujours un peu du yaourt précédent pour garantir la réussite du suivant, et que les sociologues, dans d’autres cuisines, appellent hypothèse d’inertie de l’imagianire.
février 22, 2008 at 4:27
Moi je ne viens pas manger chez toi alors, si la sauce date d’il y a un an !