Mousse de crépuscule.

novembre 24, 2007

sp_a0134.jpg

L’époque est à la pénombre, aux dessous, aux après. On mangera donc racines et tubéreux. Si de surcroit le dimanche est maussade, alors un thé Pu Er aux odeurs de terre retournée, fort et sombre. Un dimanche d’hiver, une lumière crue pourtant. Conjurer le froid par quelque potage épais, ou l’envie d’un chocolat à la canelle. Du radis noir, ou peut-être des blettes. Non, ce sera une soupe.

Dans une grande casserole, un peu d’ail – toujours -, huile d’olive, feu moyen. Des topinambours, cet étrange tubercule. Pelé, et tranché finement. Revenu dans la casserole. Puis peler aussi les vitelottes. (Retrouver le plaisir du légume coupé, aimer les linéaments, et le crissement de l’économe, les traces bleutées sur les doigts.) Quelques pommes de terres. Toujours sans eau, simuler un début de légumes sautés, mais préparer secrètement une soupe. Une dizaine de minute à vif, pas plus, puis noyer l’ensemble avec une grande quantité d’eau chaude. Une feuille de laurier, mais pas longtemps. Sel, poivre, huile d’olive à nouveau. Des châtaignes crues, brisées en fragments. Le reste d’ail rose, puis laisser cuire, disons, une heure méridionale. Couvrir. Revenir, décider que cela ne va pas, resaler, poivrer encore. Puis

passer finement, mais laisser quelques bris de marrons et vitelottes – mais comment choisir?

Servir en louche généreuse, et agrémenter de copeaux de bleu d’Auvergne.

Il est possible de commencer par deux oursins, et un chardonay pas trop beurré, sec, même. Et finir avec un crottin de Sancerre, et le même vin.